Post élections, la Fed reste prudente
L’euphorie sur les marchés portée par l'élection de Donald Trump a été renforcée par l’obtention d’une majorité républicaine au Congrès, même si cette dernière est faible.
Malgré un optimisme initial, notamment pour les valeurs de croissance américaines, les incertitudes sur l'application de son programme tempèrent cet engouement.
Parallèlement, le dollar a fortement progressé contre les principales devises mondiales, en écho à une conjoncture américaine plus solide que le reste du monde et à l'anticipation d'une Fed plus prudente.
Les données économiques confirment une résilience de l'économie américaine, avec une baisse des demandes d'allocations chômage et une inflation en légère hausse à 2,6 % en octobre.
Le marché du travail reste robuste, avec une progression des salaires à +4,6 %, ce qui pourrait maintenir les pressions inflationnistes à court terme.
La Fed reste vigilante quant à l’inflation et à l'impact potentiel des politiques inflationnistes envisagées par l'administration Trump.
La Fed a également conforté sa volonté de poursuivre dans une approche graduelle de baisses de taux directeurs, privilégiant une analyse basée sur les données économiques plutôt que sur des contraintes politiques.
Jerome Powell a d’ailleurs rappelé que les décisions de la Fed ne peuvent en aucun cas être influencées par des pressions externes.
Un minimum de deux baisses supplémentaires de taux directeurs est envisagé en 2025.
L’Europe toujours contrariée
Le taux de croissance de la zone euro a été conforme aux attentes, en dépit d’un climat incertain sur le plan commercial (escalade des tensions sino américaines) et géopolitique (commerce mondial, prix de l’énergie).
Dans ce contexte, l’euro a enregistré une forte dépréciation, reflétant les fragilités économiques et politiques en Allemagne et en France.
Les élections anticipées en Allemagne (février 2025) suscitent des attentes sur une réorientation budgétaire, avec Friedrich Merz (CDU) favorable à un assouplissement fiscal pour financer des investissements dans les infrastructures couplés à des coupes dans les contraintes budgétaires.
Ces élections se déroulent dans un climat de tensions sociales et de négociations syndicales difficiles.
Les membres de la BCE se sont dits plus confiants quant au retour de l’inflation vers sa cible qui devrait intervenir plus tôt que prévu en 2025, ce qui laisse entrevoir une politique monétaire accommodante jusqu'en 2025.
L’institution n’en demeure pas moins préoccupée par la dynamique de l’activité, freinée par la consommation et un taux d’épargne élevé sur fonds d’inquiétudes géopolitiques.
Le marché semble toujours anticiper une réduction de 25 bp mi-décembre passant son principal taux directeur à 3%.
Le CAC 40 en baisse
Sur la semaine, l’indice parisien perd -0,94% et affiche une performance de -3,62% sur l’année. Thales (-6,08%), Publicis (-4,97%) et Capgemini (-4,68%) sont en baisse sur la semaine, tandis que Saint Gobain (+5,32%), Engie (+1,42%) et Stellantis (+1,31%) sont les plus fortes hausses. La nomination de Robert Kennedy Jr, connu pour ses positions antivax, au poste de secrétaire à la Santé a lourdement impacté le secteur pharma et des laboratoires comme Sanofi en baisse de 3,27% sur la journée de vendredi.
Marchés des changes et des taux
L’euro a continué de se déprécier face au dollar à 1,0567 EUR/USD et le rendement de l’État français à 10 ans baisse à 3,05%.
Achevé de rédiger le 18/11/2024