La France dans l’incertitude
Les désaccords sur le financement de la sécurité sociale ont conduit à la démission du gouvernement Barnier, augmentant les incertitudes politiques en France.
Le scénario d’un gouvernement technique semble se dessiner.
En cas de non-adoption du budget 2025 d'ici décembre, l'article 47 de la Constitution permettrait de reconduire le budget 2024, risquant une aggravation du déficit à -7% versus -6% initialement.
Cependant, les investisseurs ne semblent pas paniquer car le risque d’impasse budgétaire reste réduit.
Ainsi, après avoir augmenté de 10 points de base, l'écart du taux français à 10 ans par rapport au taux allemand s’est resserré autour de 80 points de base et l'indice des actions françaises a progressé.
Dans le reste de la zone euro, les pays périphériques affichent une dynamique positive, compensant les difficultés économiques en France et en Allemagne, avec une productivité élevée et des coûts de main-d'œuvre attractifs.
Cependant, les tensions politiques dans ces pays pourraient freiner la reprise économique ce qui pourrait inciter la BCE à adopter une politique monétaire accommodante en 2025.
Le PIB de la zone euro pour le troisième trimestre est confirmé à +0,4%.
En novembre, le PMI composite est révisé à la hausse à 48,3, avec des ajustements similaires pour le PMI en France et au Royaume-Uni, tandis que celui de l’Allemagne est révisé à la baisse à 47,2 contre 47,3 attendus.
Le taux de chômage reste stable à 6,3%, en ligne avec les attentes.
Les marchés américains au plus haut
De l’autre côté de l’Atlantique, le Nasdaq 100 a progressé de plus de +2%, devançant le S&P 500 à +1%.
Les indicateurs économiques restent solides mais plus modérés, signe d’une économie qui se normalise progressivement.
L’ISM manufacturier s’est amélioré (48,4 contre 47,5 attendus) et l’ISM des services reste au-dessus de la barre de 50 mais la publication était moins bonne qu’attendu (52,1 contre 55,7) en raison du ralentissement des nouvelles commandes et de l'emploi.
Les statistiques récentes de l'emploi révèlent un marché du travail robuste, avec une augmentation des emplois non pourvus en octobre (7,74 millions contre 7,52 millions attendus).
Le ratio entre postes vacants et chômeurs est resté stable à 1,1, reflétant une normalisation progressive du marché du travail.
Le taux de chômage augmente légèrement à 4,2% en novembre contre 4,1% précédemment.
Rebond de l’indice parisien
Le CAC 40 progresse cette semaine de +2,63% et affiche désormais une performance de -1,54% depuis le début de l’année.
En tête, Stellantis s’adjuge (+10,32%) malgré l’annonce du départ avec effet immédiat de son CEO Carlos Tavares pour divergences de vues avec le board, suivi de Renault (+10,05%) et Dassault Systèmes (+8,73%) tandis que Safran (-4,01%) corrige suite à des prévisions pour 2025 et 2028 inférieures aux attentes, Orange (-2,77%) et EssilorLuxottica (-0,09%) sont les valeurs les plus pénalisées de l’indice.
Marchés des changes et des taux
L’euro se déprécie légèrement face au dollar à 1,0547 EUR/USD et le rendement de l’État français à 10 ans poursuit sa baisse à 2,87%.
Achevé de rédiger le 09/12/2024.