Incertitudes politiques en Europe
L’Europe continue de traverser une période d’incertitude politique majeure, en particulier en France et en Allemagne.
En France, François Bayrou a été nommé Premier ministre, mais la fragmentation politique complique la formation d’un gouvernement stable dont la première mission sera d’établir un budget pour l’année 2025, tout en évitant la censure.
Moody’s a abaissé la note souveraine française à AA3 à projections stables, citant l’impossibilité d’une trajectoire crédible de réduction du déficit public.
L’impasse budgétaire persiste, bien qu’une loi spéciale ait été déposée pour maintenir les finances publiques.
Hier, le gouvernement Scholz a été censuré, conduisant l’Allemagne à des élections anticipées le 23 février, où la coalition CDU/CSU est en tête des sondages.
Ce contexte alimente l’instabilité économique, avec une croissance allemande projetée à seulement 0,2% pour 2025 par la Bundesbank.
Les enquêtes PMI de la zone Euro reflètent une dégradation de l’activité économique, notamment dans l’industrie, où la contraction se poursuit.
La France et l’Allemagne, représentant 40% du PIB de la zone, pèsent lourdement sur cette tendance.
Comme attendu, la BCE a baissé ses taux de 25 pb mais reste prudente face aux pressions inflationnistes et aux incertitudes économiques.
L’institution a souligné sa conviction à atteindre l’objectif d’inflation de 2% de manière durable et le marché tend à anticiper une baisse de 50 points de base dès janvier et un taux terminal plus bas entre 1,5% et 1,75%.
La Chine ne parvient pas à rassurer
La Chine prévoit de maintenir un objectif de croissance économique d’environ 5% pour 2025 et d’augmenter son déficit budgétaire à 4% du PIB, un record historique, dans le cadre d’une politique budgétaire « proactive ».
Cette stratégie inclut une dépense supplémentaire de 1 300 milliards de yuans (179 milliards de dollars).
Cependant, les données économiques récentes restent préoccupantes.
En novembre, les ventes au détail ont augmenté de seulement 3 % en glissement annuel, bien en deçà des 5% attendus, reflétant un manque de confiance des consommateurs.
Le secteur immobilier chinois demeure fragile malgré des mesures de soutien, avec une baisse des investissements résidentiels et des prix des logements.
Seule l’industrie affiche une certaine résilience, portée par une demande extérieure soutenue, notamment des États-Unis, où les importateurs anticipent de potentielles hausses de tarifs douaniers.
Malgré les attentes des investisseurs, Pékin n’a fourni que des indications vagues sur ses projets pour stimuler la consommation.
L’incertitude persiste sur les mesures concrètes à venir, aggravée par l’attente d’une clarification des politiques de D. Trump, qui ont pesé sur les marchés actions chinois en fin de semaine dernière.
Rebond de l’indice parisien
Le CAC 40 baisse légèrement sur la semaine de -0,23% et affiche une performance de -1,77% depuis le début de l’année. Vivendi (-5,16%), Unibail (-5,06%) et Sanofi (-3,27%) affichent les plus fortes baisses de la semaine alors que Société Générale (+4,78%), Pernod Ricard (+4,69%) et Airbus (+3,26%) sont en hausse.
Marchés des changes et des taux
L’euro est stable face au dollar à 1,0503 EUR/USD et le rendement de l’Etat français à 10 ans remonte à 3,03%.
Achevé de rédiger le 17/12/2024.