Que signifie choisir le salariat ou l’hôpital public ?
Contrairement au médecin libéral, rémunéré à l’acte par ses patients et exerçant sous sa propre responsabilité, le médecin salarié est lié par un contrat de travail à son employeur qui le rémunère : il peut s’agir d’un établissement de soins privés à but lucratif ou non lucratif. S’il conserve son autonomie dans l’exercice de sa pratique (s’agissant de ses décisions médicales et des prescriptions qu’il effectue), le médecin salarié travaille sous l’autorité de son employeur.
L’exercice hospitalier s’apparente au salariat dans la mesure où le médecin hospitalier est rémunéré par l’hôpital pour lequel il travaille et avec lequel il est lié par un contrat de travail. Son statut, ses droits et sa rémunération se rapportent aux normes réglementaires qui régissent la fonction publique hospitalière et dépendent de son grade. Selon les clauses de leur contrat, les médecins hospitaliers peuvent également avoir une activité libérale annexe.
En 2023 en France, sur tous les médecins inscrits à l’ONM, 45,5% étaient salariés ou hospitaliers, 10,5% en exercice mixte et 43,5% libéraux exclusifs(1). |
Les postes accessibles aux médecins à l’hôpital public
Après avoir terminé votre dernier cycle universitaire, soutenu votre thèse et validé votre DES, vous quittez le statut de docteur junior et optez pour un début de carrière en médecine hospitalière ou hospitalo-universitaire. Quel sera votre parcours en suivant cette voie ?
Choisir l’hôpital, c’est opter pour le travail en équipe, la possibilité de continuer de se former auprès de ses pairs plus expérimentés, comme celle de rester au contact de l’innovation et la recherche.
L’assistant spécialiste
À l’hôpital, votre carrière débute au poste d’assistant spécialiste. Il s’agit du premier poste accessible au sein des hôpitaux après avoir validé votre thèse et vous être inscrit à l’Ordre National des Médecins. Les assistants spécialistes des hôpitaux exercent des fonctions de diagnostic, de soins et de prévention sous l’autorité d’un chef de pôle ou d’un responsable de service.
Pour candidater à ce poste, vous devez être titulaire d’un diplôme d’études spécialisées (DES) ou d’un diplôme d’études spécialisées complémentaires (DESC).
Les assistants sont recrutés pour une période initiale d’un ou deux ans renouvelables et pour une durée maximale d’exercice dans ces fonctions de six ans. Le médecin recruté s’engage à se présenter au concours de praticien hospitalier, de même qu’à exercer au moins trois ans comme tel.
Le temps de travail hebdomadaire de l’assistant spécialiste est fixé à 10 demi-journées, dans une limite d’une durée de 48 heures par semaine, calculée sur une période de 4 mois.
La rémunération brute annuelle des assistants spécialistes exerçant à plein temps varie de 33 643 €pour la 1ére année à 41387 € pour la 6éme année.
Le praticien hospitalier
La carrière hospitalière se poursuit par une candidature au concours de praticien hospitalier (PH). Le praticien hospitalier assure des actes médicaux de diagnostic, de traitement et de soins d’urgence.
L’entrée dans le corps des PH nécessite de réussir le concours national de PH, puis de candidater aux vacances de postes lors des deux tours de recrutement annuels au sein des établissements publics de santé.
Une fois nommé au concours, le praticien hospitalier est un agent public sous statut. Il est titulaire de son poste et fait partie des personnels permanents des établissements de soins.
La rémunération brute annuelle des PH varie de 55 607 € à l’échelon 1 à 112 416 € à l’échelon 13.
La voie hospitalo-universitaire
En tant qu’hospitalier, le médecin peut également s’inscrire dans la voie universitaire en assurant, en plus de ses fonctions hospitalières au sein de son CHU, des fonctions d’enseignement et de recherche.
De ce fait, le médecin est rémunéré par le CHU dont il dépend, ainsi que par l’université à laquelle il est rattaché. Il commence sa carrière en tant que contractuel comme chef de clinique/assistant des hôpitaux (CCU/AH), puis comme assistant-hospitalier universitaire (AHU), avant d’accéder à un poste de titulaire comme professeur des université-PH et maître de conférence-PH.
La rémunération des médecins hospitalo-universitaires s’effectue selon la grille indiciaire des praticiens et personnels hospitaliers enseignants. Elle émane à la fois de l’établissement de soins où ils exercent et de l’université.
Médecin salarié dans le secteur privé
Les médecins salariés travaillent dans des établissements privés ou sociétés privées : cliniques, EHPAD, maisons de santé, industrie pharmaceutique, etc.
Aujourd’hui encore, une minorité des médecins exerçant en cliniques privées est salariée, la majorité des médecins le faisant dans un cadre d’exercice libéral. Pourtant, depuis l’autorisation faite aux cliniques d’accueillir des stages d'internat, leur nombre n’a cessé d’augmenter ces dernières années, ce dispositif ayant favorisé le recrutement des internes par les établissements privés à l’issue de leur stage.
Pour postuler dans un établissement privé comme salarié, le jeune médecin répond à une annonce. Une fois recruté, il est lié par un contrat de travail (CDD ou CDI) à son employeur.
Le contrat du médecin salarié détermine un revenu fixe, des horaires réguliers, une protection sociale et des congés.
Selon la structure et le secteur choisis, les médecins salariés peuvent exercer comme :
- médecin coordonnateur ;
- médecin traitant ;
- praticien de prévention ;
- médecin du travail ;
- médecin scolaire ;
- médecin conseil de l’Assurance Maladie ;
- inspecteur de santé publique ;
- etc.
Les autres modes d’exercice en tant que médecin
Les jeunes médecins ne souhaitant pas s’engager d’emblée en libéral peuvent aussi réfléchir aux « statuts intermédiaires » que constituent l’exercice en groupe ou le remplacement libéral.
S’il existe différents types de structures et modes d’association pour l’exercice en groupe, ils ont en commun de permettre au jeune médecin de ne pas assumer et gérer seul les charges administratives et financières qu’impliquent le fonctionnement d’un cabinet médical. Selon les cas, le jeune médecin intègre une structure employant d’autres soignants ou un cabinet en libéral, au sein duquel, il devient associé d’autres médecins.
Opter pour le remplacement libéral consiste pour le jeune médecin à passer un accord de remplacement avec un médecin libéral en activité souhaitant cesser temporairement son activité. C’est un bon moyen de se familiariser avec l’exercice libéral et d’acquérir de l’expérience.
RCP-PC et Prévoyance
En tant que médecin, le statut de salarié, pas plus que celui d’hospitalier, ne vous exonère pas de la nécessité de souscrire une assurance en responsabilité civile professionnelle. Avec la MACSF, votre contrat vous protège en venant en complément des garanties souscrites par votre employeur.
En cas de réclamation d'un patient suite à une faute qualifiée d'abus de fonction. Et si des poursuites pénales ou ordinales sont engagées, vous bénéficiez d'une défense personnelle et indépendante.
Votre assurance vous couvre aussi pour les actes réalisés en dehors de l’établissement pour lequel vous travaillez (actes gratuits à vos proches, assistance à personne en péril).
Nous intervenons jusqu'à 8 millions d'euros par sinistre en cas de dommages corporels, et 15 millions par année d'assurance. La garantie protection juridique intégrée à votre assurance vous apporte un accompagnement juridique pour prévenir et régler vos litiges dans le cadre professionnel et personnel.
De plus, les frais de procédure sont remboursés(2).
Salarié ou hospitalier, pensez également à souscrire une assurance prévoyance. Maladie, accident, en cas de coups durs, vous empêchant de travailler, votre prévoyance vient compléter les indemnités versées par la Sécurité sociale pour vous permettre de maintenir 100% de vos revenus, astreintes et gardes comprises.